Gilda Charbonnier
Peintre et plasticienne
L'écriture et les mots ont toujours été pour moi source de fascination.
Que reste-t-il de ce qui est énoncé, prononcé, annoncé ? Décalage ?
De quelle mémoire ces signes sont-ils la trace ?
Inscriptions qui oscillent entre lisible et illisible dans l'effacement de la distinction entre dessin et écriture.
Ma recherche porte essentiellement sur cette lisibilité et sa relation au corps en tant que phénomène de communication immédiat. Ce mode d'inscription ne vise pas tant, selon Roland Barthes, à
transcrire la parole grâce à des caractères lisibles qu'à rendre compte de l'énergie du corps par un outil prolongeant la main.
J'interviens sur la surface qui s'offre à moi par superpositions, stratifications dans les espaces interstitiels ; le pinceau gorgé d'encre n'accepte pas le repentir, dans l'intensité de l'élan, sa
trace s'inscrit telle une ligne dansée indélébile sur les papiers de soie devenus peaux : palimpseste lieu où se réinscrit le présent sur les strates du passé.
Sens ou non sens ?
« Les écritures manuscrites sont comme les voix, elles disent autre chose que les mots qu'elles transportent. Et parfois elles contredisent ces voix. » Christian Bobin
