Florence Lespingal
Mosaïste et plasticienne
Son aventure mérite d'être partagée et que l'on prenne ici un instant de plénitude, voire de « sacré ».
La profondeur de la matière y joue avec l'incertitude de la lumière qui l'effleure.
Les pigments surgissent d'une couleur de ténèbres et l'ensemble, entre ciel et terre, procure une sensation à la fois paisible et inquiète. Des rais de lumière s'entrouvrent et l'ardoise est aussi
posée là au sol pour jouer du regard en des dimensions inhabituelles. Sur ces écrans noirs de nuits blanches et bleues, Florence Lespingal écrit un scénario surgit de la nuit des temps.
Passages par Eric Oger, mai 2006
« Regard, révélation d'une matière brute »
La lumière émerge du bleu de la pierre, elle guide le regard vers quelque chose d'imperceptiblement troublant, elle fait vibrer ces fragments d'ardoise d'une aura particulière et changeante...
Halos de lumière s'ouvrant sur des ouvertures verticales, comme des portes laissant entrevoir un au-delà insondable, lumière abstraite d'un espace d'évasion dans la profondeur de l'ardoise. Lumière
qui s'ancre dans cette matière brute, adoucie, caresse la pierre et donne sens aux écritures... Lumière spirituelle qui guide l'artiste dans ses questionnements, lumière interne qui éclaire au loin,
mais n'est que suggestion, et non réponse : « Troubler la vision pour éclairer le regard », selon les propres termes de Florence.
Mélany Roussety
Dans l'épaisseur du monde vibre le temps. Cette clarté obscure qui nous apparaît si soudainement et nous porte enfin avec la grâce de la légèreté. J'imprime des sensations dans l'inerte de la
pierre sans douter qu'elles respirent dans son cœur. Ce cœur inatteignable et proche - là. Sans souffrance, sans inquiétude, sans reproche, et sans rire : ma joie est certaine. Je jubile à chaque
grain de matière traversé, je m'enfonce dans les sillons noirs de promesse. J'entends le crissement du repos qui accoure, me laisser prendre à ce glissement, prendre tout mon temps. Écouter l'espace
qui grandit et la réponse qui sonne comme une cloche de mariage. Suspendre ce temps, s'enivrer de sa présence, respirer l'onde calme du pinceau sur la pierre et offrir ce partage, en laissant être ce
qui n'est plus.
Florence lespingal. 11 nov 04
