Christian Vandormael
Photographe
DEMARCHE PHOTOGRAPHIQUE
Pourquoi persister à utiliser les procédés photographiques anciens ?
Pas par passéisme, puisqu'il s'inscrit dans la double démarche contemporaine de l'espace situé aux frontières de l'arte povera et des photogrammes de Man Ray. Et certainement pas pour refaire ce
qui a déjà été réalisé et bien réalisé.
La première raison est la pérennité des tirages photographiques, dont les conditions de longue conservation sont liées à deux incontournables : l'emploi des sels métalliques (fer, argent, platine...)
ou des pigments naturels (ocres du Roussillon...), le choix des supports, papiers pur coton et sans acide, de grande stabilité.
La seconde raison est que les procédés « anciens » demandent une réelle démarche artisanale. L'étendage à la main (hand-coated methods) où le savoir faire est important, est le véritable tremplin à
la créativité de cette photographie appelée aujourd'hui « alternative ».
Dans la photographie classique la créativité se situe essentiellement au moment de la prise de vue, même si l'opération de tirage, argentique ou numérique, est parfois très élaborée.
La photographie alternative qui regroupe les procédés pigmentaires, les encres grasses ou encore l'héliogravure au grain, pour ne citer que quelques exemples, exigent de longues manipulations qui
constituent un vaste champ de liberté tout au long de la construction définitive de l'œuvre finale. La photographie ainsi obtenue a une histoire humaine. À ce titre, comme son histoire, la
photographie est unique.
Photographie et peinture, une frontière aléatoire.
Le 8 février 1843, Fox Talbot écrit:
" Pour encourager le génie, chaque artiste signerait son nom en bas de ses tableaux, mais même sans cela on apprendrait bientôt à les distinguer, car je trouve que chaque calotypiste a une manière
qui lui est propre, déjà cela se fait sentir ici, bientôt ils différeront comme Raphaël et Rubens ! "
